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Le « sénevé » qui ôte « la montagne »

« Si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : transporte-toi d’ici là, et elle se transporterait, rien ne vous serait impossible ». Ce passage biblique (Matthieu 17 :20), Félix Tshisekedi, en bon chrétien fidèle du Centre Missionnaire Philadelphie, l’a bien ruminé. Devant lui, la montagne FCC était insurmontable. Mais il a fallu la foi, plutôt, une grande audace, pour détrôner cette superstructure qui, aujourd’hui, est sur le banc de plaintes. Les positions des forces politiques semblent avoir changé depuis le remue-ménage dans l’armée et la justice, que le chef de l’Etat a opéré le 17 juillet 2020. Ces ordonnances présidentielles ne cesseront d’être à la base de l’agitation observée dans la classe politique, principalement au Front Commun pour le Congo qui ne manque pas à redire. Pourtant, jusqu’à ce 17 juillet-là, personne ne pouvait s’imaginer que le 5e président, donné pour pantin et marionnette de Kabila, puisse brusquement devenir, aux yeux de ses détracteurs, un dictateur. Qu’est-ce qui a changé en lui ? A la suite de ces ordonnances, le FCC a marché pour s’opposer contre le retour de la dictature. Oui le tout puissant FCC de Joseph Kabila. Les cadres comme Kalev Mutond, Néhémie Mwilanya, Emannuel Ramazani Shadary… étaient dans les rues de Kinshasa pour dénoncer entre autres les dérives dictatoriales. De qui ? Du médiocre président, de celui-là qui pouvait être évincé à la moindre claque des doigts, car en RDC, « il n’y avait qu’un seul prête : Joseph Kabila », aux dires d’Emmanuel Ramazani Shadary. C’est dire que les nouvelles mises en place dans l’armée et la justice sont un grand coup que Tshisekedi a asséné à son allié de la coalition au pouvoir. Depuis, le FCC tente de reprendre la main sur la justice, lui qui avait déjà perdu son vice-premier ministre, ministre de la Justice Célestin Tunda ya Kasende. La Cour constitutionnelle semble déjà dans les mailles du régime tshisekediste. D’où l’entretien de l’embrouille autour du transfert des juges Kilomba et Ubulu de la Cour constitutionnelle à la Cour de cassation. Les promotions et le replacement de certains hauts magistrats dans l’appareil judiciaire, dans l’optique de renforcer l’instauration de l’Etat, font mal à ces caciques assis sur plusieurs dossiers sales. De l’agence de la lutte contre la corruption, en passant par les Cours et tribunaux, les hautes Cours, jusqu’à l’Inspection Générale des Finances, tout est fait pour enclencher « le déboulonnage du régime Kabila » que Tshisekedi avait déjà promis. Vue Claire Etat des droits : la grande action Juste après ces nominations, les signes sont prometteurs : la suppression des exonérations de plusieurs entreprises, dont celles de EGAL, la société d’importations des vivres appartenant à la famille Kabila ; l’exhumation des dossiers Bukanga Lonzo, Go Pass ; l’enquête sur les immeubles de l’Etat…Visiblement, une Jamais, les actes du successeur de Joseph Kabila n’avaient aussi agité la classe politique. Pourtant c’est arrivé. L’occasion pour certains de le traiter de dictateur. Est-ce cela les actions qu’il avait en tête lorsqu’il déclaré 2020, année de l’action ? A ce niveaulà, l’opinion peut se permettre une évaluation. Certains Congolais se servent, volontiers, de la « Fatshimétrie », cet instrument de mesure que le mouvement citoyen, La Lucha a mis en place pour évaluer, point par point, le degré de réalisation des promesses de Félix Antoine Tshisekedi (Fatshi de son surnom). Ils se demandent si 2020, déclaré « année de l’action » a réellement fait ses preuves. Où sommes-nous avec « 2020, année de l’action », tel que décrété par le président Tshisekedi lors de son tout premier discours sur l’état de la nation ? Cette question d’un internaute a suscité débat sur la toile. Loin de tous les angles politiciens, elle est légitime pour un peuple qui attend beaucoup de son président et en phase de se demander si Tshisekedi est le Messie qu’il attendait ou il faudrait en attendre un autre. Cette préoccupation congolaise n’est pas loin de celle du légendaire peuple d’Israël qui attendait la venue du « lion de la tribu de Juda », leur promis. Alors que le Christ, promis, vivait parmi et avec lui, ce peuple s’est demandé s’il fallait attendre un autre ou c’était lui. Il n’avait pas tort de s’en préoccuper car celui qui était avec lui ne ressemblait pas au lion attendu. A la place, il telle audace, qui est le déclenchement du démantèlement du pouvoir de Joseph Kabila, ne peut être appréciée dans ce camp. Au niveau de l’armée, le positionnement de plusieurs officiers supérieurs, de l’obédience tshisekediste, à des postes clés, a été un coup fatal pour le FCC qui pouvait encore se targuer d’avoir le contrôle du pays. La mise à l’écart des officiels fidèles à Joseph Kabila, comme le toutpuissant John Numbi, et l’arrestation de certains cadre militaires, jusqu’ici bien protégés (l’arrestation du major Christian Ngoy, proche du général Numbi, impliqué dans l’assassinat de Floribert Chebeya) ne font que faire monter la colère de cette famille politique qui regrette déjà l’alternance pacifique de janvier 2019. Ses nerfs sont tendus. D’où leurs diverses activités en vue de reprendre la main : les lois Minaku-Sakata contre le pouvoir judiciaire ; la tentative d’imposition d’un président (Ronsard Malonda) à leur solde à la CENI ; la mise en accusation du chef de l’Etat pour violation intentionnelle de la Constitution en vue de sa destitution ; proposition du vote du président de la République au suffrage indirect… Les ordonnances présidentielles du 17 juillet ont mis la classe politique dans tous les états. Deux mois se sont écoulés mais les eaux sont toujours grondantes. Contestations ; dénonciations de violation de la constitution ; refus des nominations par certains juges ; démarches de destitution du président initiées par certains politiques…rencontrent en face le renforcement de ce que certains cadres du FCC ont qualifié de la « République des juges ». _________________________ vivait avec « un agneau » conduit à la boucherie. Pourtant, c’est cet agneau qui était le lion. Le fils d’Etienne Tshisekedi en a le profil. De « l’idiot » qu’il était, à la prise du pouvoir, au « dictateur » qu’il est qualifié aujourd’hui, il n’a fait que montrer ce qu’il est. Ce qui donne à certains fins limiers de scruter la réponse à cette question dans ce proverbe « à malin, malin et demi », comme pour dire « est pris qui croyait prendre ». C’est là qu’il faut répertorier les actions que le 5e président avait promises. Ces actions sont à l’origine de l’agitation politique au sein du FCC, désormais comme un serpent dont on a coupé la tête.


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